Voilà, Les Z'Amours Z'Agricoles m'avaient z'invité à voir leur spectacle...nous y fûmes,Ane, ma femme et moi.
Bon, je m'attendais à une belle soirée gentille, pépère, un petit spectacle d 'amateurs. Ah la vache, la surprise! Sous couvert d'humilité, l'Anne et le Jean-Criscrof (Lucie et Jules sur scène) sont deux super-pros, ils ne jouent pas , ils vivent!!!
Quelle belle surprise, sans instrument, a capella, ils interprètent mes chansons complètement différemment que moi et le public s'amuse, encore plus que si c'était moi.
En 50 ans de carrière, c'est la 2ème fois que ça m'arrive. La 1ère fois, c'était les Frères Jacques qui répétaient « Dolly 25 » au Théâtre des Champs- Elysées avec les chapeaux de paille et les cannes et j'ai dit au père Lelou, mon collaborateur: « Oh ben dis donc, c'est nous qui avons écrit ce chef-d'oeuvre! » Parce que ce n'était plus « notre » chanson, c'était la leur, plus la nôtre. Et bien quand j'ai vu Les Z'Amours Z'Agricoles... idem!!
Alors, Anne et Criscrof, Merci!! et...
FONCE TOUJOURS, CA PASSE!
Je vous embrasse
RICET BARRIER
le 20/08/2008lecloudanslaplanche
Gauloiseries anti-grisailles
Á la carte de la Cave Poésie : une belle biscotte de Proust beurrée au beurre de la baratte, à tremper dans un bol d’air pur, une fleurette au corsage ; pour ceux qui ne sentiraient pas s’éveiller des souvenirs crépitants de tourne-disque (les plus jeunes, probablement) un assortiment de légèreté et de tendresse. En maîtres des plaisirs, Lucie Flèche et Jules Bonvoisin (alias Anne Lehmann et Jean-Christophe Goedgebuer de la Compagnie Fabulax ) rafraîchissent quelques chansons de Ricet Barrier dans « Les z’amours z’agricoles », ou z’apicoles, ou z’aquacoles… ou zeque vous voulez.
Du temps où l'on savait chanter léger
Ricet Barrier en quelques mots : inséparable de son banjo à ses débuts dans les années 50, de sa grosse moustache ensuite, de son accent berrichon toujours ; acoquiné avec les Frères Jacques, armé d’un esprit mi-gaulois mi-fleur bleue, malicieux de la tête aux pieds. Bref, une personnalité des plus sympathiques.
Le duo Flèche-Bonvoisin, en redoutable astiqueur de mauvaise humeur, a pioché dans le sac à chansons et composé un florilège éclectique. Pour aérer les esprits et désnober les plus urbains, une pincée de rural bourbeux et bon enfant à souhait (« Eh la Marie », « Isabelle, v’là l’printemps »). Pour entretenir le sourire, des joyeusetés qui sentent leur Goscinny, où l’on tombe amoureux d’une poissonnière poisseuse (« La Moule »), où l’on donne la parole à des crevettes égrillardes (« La java des hommes-grenouilles »). Une touche de poésie champêtre (« Le Rayon de lune »), un soupçon de préciosité bourgeoise (« Stanislas »), de glamour («Betty Boop »). Bref, des textes datés, mais qui remportent toujours le pari de la bonne humeur et de la chaleur humaine.
A capella, à fourchetta, à beatboxa…
Ne cherchez pas l’orchestre ni les instruments, y’en a pas. Mais de la corde vocale, y’en a, et de l’imagination aussi. Pour votre plaisir, Lucie Flèche et Jules Bonvoisin imiteront tout et n’importe quoi : nul rythme, nul bruitage n’est inaccessible à leurs voix acrobates ; au pire, ils s’abaisseront à battre une fourchette contre une cafetière et vous leur pardonnerez. Tout est là, intact et avivé par une pêche d’enfer : les mimiques, l’accent, les mots élidés qui s’entrechoquent dûment et joyeusement (« Y n’y a plus d’mâles n’y a plus d’fumelles / Quand l’charançon s’met dans l’blé »). Ricet Barrier où l’art de faire des octosyllabes avec quinze mots… Lucie et Jules ou l’art de tenir un public dans une bonhomie étonnée.
En guise d’entractes multiples, et toujours dans le cadre des z’amours z’agricoles, de petites anecdotes savantes sur le microcosme qui nous entoure. Non, vous ne savez pas tout sur l’amour : entre deux couplets paillards, vous aurez l’occasion d’entomologiser sur le sexe ; original, non ?
Quand bien même l’on resterait froid et perplexe à l’écoute de ces textes quelque peu vieillots, il y aura toujours la trombine cocasse de Jules et le sourire éclatant de Lucie : un rayon de soleil, une gaieté terriblement contagieuse, une tendresse au ras du sol qui entraîne les ronchons les plus récalcitrants. Un cortège fleuri pour la rentrée !